• lundi 11 juin • 21H00
    Château du Plessis-Macé

RABELAIS

Jean Racine

De Jean-Louis Barrault

 

Mise en scène Hervé Van der Meulen – Avec 19 comédiens : Étienne Bianco, Clémentine Billy, Loïc Carcassès, Aksel Carrez, Benoît Dallongeville, Ghislain Decléty, Inès Do Nascimento, Pierre-Michel Dudan, Délia Espinat-Dief, Valentin Fruitier, Constance Guiouillier, Théo Hurel, Thomas Keller, Nicolas Le Bricquir, Olivier Lugo, Juliette Malfray, Mathias Maréchal, Pier-Niccolo Sassetti, Jérémy Torres et Agathe Vandame – Co-production Le Studio d’Asnières et le Théâtre Montansier de Versailles – Avec la participation artistique du Studio – Ecole Supérieure de Comédiens par l’Alternance – Musique originale Marc-Olivier Dupin – Assistants mise en scène Julia Cash, Ambre Dubrulle et Jérémy Torres – Chorégraphie Jean-Marc Hoolbecq – Scénographie et accessoires Claire Belloc – Costumes Isabelle Pasquier – Lumière Stéphane Deschamps

– Maquillage Audrey Millon

– Chefs de chant Juliette Épin-Bourdet et Pablo Ramos Monroy

– Son et régie générale Arthur Petit

 

– Crédits photos Miliana Bidault

Durée  : 2h35 – A partir de 15 ans

NOTE DE L’AUTEUR

Ce qui me tentait surtout, c’était de servir la « théâtralité » de ce grand auteur qui composa les situations et ses dialogues pour ainsi dire « à l’état brut ». Cependant pour rester fidèle à Rabelais et en donner un portrait qui ait des chances de lui ressembler, il fallait que l’entreprise fût folle. Il fallait le prendre dans sa totalité. Il fallait extraire un spectacle de ses cinq livres, de ses lettres, de ses pronostications : de son œuvre en entier.

Rabelais est né soixante-dix ans avant Shakespeare. Son œuvre, quand on l’approfondit, est savamment construite.

Nous espérons que le « jeu dramatique » que nous en avons tiré fera penser à Molière, La Fontaine, Alfred Jarry, Aristophane, Kafka, à la Renaissance, au Cirque de tous les temps et… à notre Epoque.

Jean-Louis Barrault

 

NOTE DU METTEUR EN SCÈNE

Rabelais « le génial curé surréaliste »

« Le grand rire de Rabelais est un phénomène unique dans la littérature de tous les temps et, à côté de lui, Aristophane, Boccace, Molière font figure de croque-morts. » Marcel Aymé

Ce n’est pas un hasard si Barrault a tenu à remettre Rabelais au goût du jour juste après mai 68, et si ces dernières années (ce début de XXIème siècle n’est pas moins propice aux remises en question !) nombreuses adaptations ont pu fleurir sur les scènes. Et la nécessité qui me semble advenir aujourd’hui de porter cette grande saga sur le plateau, n’est pas non plus le fruit du hasard. En ces années du début d’un siècle nouveau, – que tout un chacun pressent comme témoin de bouleversements intenses -, l’immense appel d’air que suscite cette immense fresque me semble salutaire.

La boulimie qui caractérise les pages de Rabelais, la volonté encyclopédique d’aborder tous les sujets, tous les thèmes, toutes les connaissances, … cette boulimie – admirablement suggérée ici par Barrault – participe d’une recherche gourmande, et même gloutonne, d’un monde meilleur où tout serait mis en œuvre afin de trouver, pour l’être humain, un terrain favorable à sa soif de joie, d’harmonie, de plaisir ! A sa soif de curiosité bien évidemment : le voyage a une grande place dans cette œuvre ! A sa soif de savoir et de culture encore : toutes les sciences, toutes les matières encyclopédiques, et toutes les formes littéraires – jusqu’à la poésie – y sont évoquées ! A sa soif de philosophie et d’humanisme ! Soif ! le mot réapparaît sans cesse, et c’est par là qu’on en revient toujours à la « dive bouteille », le poème le plus célèbre de cette œuvre titanesque.

Et tout cela dans un immense éclat de rire ! Un rire qui permet d’aborder les sujets les plus complexes, de faire passer les plaisanteries les plus saugrenues, mais qui permet aussi de soigner l’âme et le corps. En effet Rabelais pratique la thérapeutique du rire, et nous retrouvons là encore le médecin. Le rire qui se recommande aussi comme le meilleur moyen suggéré par les Anciens pour faire passer un message sérieux et difficile.

La pièce de Barrault n’a jamais été rejouée depuis 1968 et j’y vois là, avec la complicité de l’équipe du Studio d’Asnières et les forces du Théâtre Montansier de Versailles, matière à créer un vrai spectacle de troupe, alliant théâtre, danse et musique. Une grande fresque qui saura osciller sans cesse entre le Rabelais « éternel rieur » et la figure du sage et de l’humaniste.

Hervé Van der Meulen