• samedi 23 juin • 21H30
    Cloître Toussaint, Angers

LA RONDE

D’Arthur Schnitzler

CRÉATION – Mise en scène Jean-Paul Tribout – Avec Caroline Maillard, Marie-Christine Letort, Claire Mirande, Laurent Richard, Xavier Simonin, Alice Allwright (distribution en cours) – Costumes Sonia Bosc – Lumières Philippe Lacombe – Décor et accessoires Amélie Tribout

Durée : 1h40 – à partir de 15 ans

 

LA PIÈCE

10 scènes en duos s’enchaînent.

A chaque tableau un couple se livre à un jeu de séduction qui se conclu par un rapport sexuel, puis se sépare.

Une prostituée lève un militaire qui séduit une soubrette laquelle couche avec le fils de ses patrons. Ce jeune homme a une aventure avec une femme mariée, celle-ci bénéficie d’un retour de flamme de son mari, le dit mari entraine une grisette dans un cabinet particulier, la grisette se retrouvera dans les bras d’un auteur dramatique qui fera la conquête d’une comédienne. La comédienne séduira un aristocrate qui se réveillera un peu plus tard au côté de la prostituée du premier tableau, bouclant ainsi la boucle, ou plutôt “la ronde”

La pièce fut censurée en 1904 déclenchant un long scandale de plus de deux décennies.

 

NOTE D’INTENTION

Qu’est-ce que cette attirance des corps qui les entraine tous ? Cette attirance des corps, modulée par les règles du jeu social, selon qu’on est aristocrate ou prolétaire, homme ou femme, libre ou pas, qui mène le monde ?

On peut bien sûr aborder le texte sous différents angles: Freudien, social, vaudevillesque voire médical (Schnitzler, médecin aurait pensé à la propagation de la syphilis!).

Personnellement je m’inspirerai plutôt de la phrase ambigüe qui ouvre “Le regard froid” de Roger Vaillant : “L’amour est aussi un plaisir”

Je conserverai le contexte de cette période qui fit de Vienne au tournant du 20ème siècle ce lieu d’exception qui vit se croiser Zweig, Klimt, Schiele, Freud, Kokoska, Rilke, Strauss, Malher, Musil, Altenberg et tant d’autres.

Je voudrais parcourir avec joyeuseté la galerie de personnages de Schnitzler, attester que, traversant toutes les couches de la société et tous les âges de la vie, si les codes changent la quête du plaisir est identique et sa réalisation voluptueuse.

Je tenterai de souligner la montée en force des personnages féminins, car au cours des dix tableaux les hommes, mâles dominants au début, perdent peu à peu leur superbe au profit d’un basculement du côté des femmes qui deviennent des sujets agissants, des partenaires à part entière.

Dans mon spectacle il s’agira de plaisir et non de sentiment, le sexe sera lucide mais gai. C’est la fin de l’empire austro-hongrois, la première guerre mondiale se profile à l’horizon on danse sur un volcan, c’est “l’apocalypse joyeuse”.

 

Jean-Paul TRIBOUT