• mardi 26 juin • 21H30
    Château du Plessis-Macé
  • mercredi 27 juin • 21H30
    Château du Plessis-Macé

LA NUIT DES ROIS

De William Shakespeare

Adaptation Jude Lucas – Mise en scène Clément Poirée – Avec Moustafa Benaïbout, Camille Bernon, Bruno Blairet, Julien Campani, Eddie Chignara, Matthieu MarieLaurent Menoret, Morgane Nairaud, Claire Sermonne – Scénographie Erwan Creff

Lumières Kévin Briard

Musique Stéphanie Gibert

Costumes Hanna Sjödin

Assistante costumes Camille Lamy

Maquillage et coiffure Pauline Bry

Collaboration artistique Sacha Todorov

Régie générale Farid Laroussi

Habillage Emilie Lechevalier

Crédits photos Nolwenn Brod & Antonia Bozzi

Durée : 2h30 – à partir de 15 ans

 

LA PIÈCE

La douzième nuit du temps de Noël, ou Nuit des Rois (Épiphanie), voyait traditionnellement culminer le désordre festif. Pour Shakespeare, c’est l’occasion d’une variation vertigineuse sur le désir, ses leurres et ses caprices, que le travestissement et les quiproquos vont rendre manifestes.

Le Duc Orsino soupire après l’inaccessible Olivia, recluse dans le deuil… Survient, rescapée d’un naufrage, une jeune fille, Viola, convaincue de la disparition de son frère jumeau.

Habillée en homme et sous le nom de Cesario, elle entre au service du Duc qu’elle se prend à aimer et qui lui confie des messages pour la belle Olivia, laquelle à son tour, s’éprend de ce troublant page… Sur cette intrigue s’en greffent d’autres, tout aussi romanesques, dont Feste, le Fou, orchestre les facétieux dérèglements… jusqu’à une totale confusion des identités et des sentiments. Amours désaccordées, au-delà des âges et des genres : qu’importe ! Le bonheur, avec Shakespeare, c’est que le labyrinthe des malentendus et des entourloupes dont le spectateur est, au fil de la pièce, le témoin amusé, mène à la réconciliation et donc à la joie.

 

NOTE D’INTENTION

Il y a dans La Nuit des Rois un entrelacs de questions qui sont brûlantes pour moi. Sommes-nous condamnés à n’avoir de relation qu’avec l’idée qu’on se fait de l’autre ? Avec nos propres fantasmes ? La solitude est-elle un horizon indépassable ? C’est une pièce sur une humanité qui boîte, empêtrée dans un idéalisme stérile. Et c’est aussi une comédie extraordinairement vivifiante sur le désir-monstre qui transcende les genres, les lois, les formes.

Twelfth night – c’est le titre orignal – désigne le douzième jour après Noël. C’est donc au cœur de l’hiver que je situe la fable. Nous sommes un peu comme dans les communs d’une grande demeure endormie. Olivia d’un côté, Orsino de l’autre, ont plongé leur suite dans une forme d’hibernation. L’une est ivre de son deuil et l’autre est ivre de musique et d’amour solitaire. Chacun est enfermé dans ses rêves de pureté, dans les bonnes formes, dans le langage même qui nous éloigne du réel bien qu’il en soit le seul témoin. Ce qui est merveilleux, c’est que Shakespeare tire de ce premier constat morbide d’un monde à l’âme malade, une comédie désopilante autant que touchante où tout est mis cul par-dessus tête. L’entrée par effraction du désir incarné par Viola / Sebastien est porteur d’un désordre jubilatoire. J’aimerais aussi que le public entende cette charge salutaire : l’idéalisme, c’est la mort. Ce sont les « pauvres monstres » – ceux qui sont dépareillés, non conformes, corrompus – qui sont porteurs de la joie et de la vie.

La pièce est aussi le lieu d’un grand affrontement entre le Fou qui livre là, sans doute, son dernier combat et Malvolio, le faux puritain qui a pris sa place de guide spirituel auprès des puissants. C’est une lutte souterraine autant que primordiale. Et comment ne pas reconnaître le portrait de notre époque qui voit elle aussi, comme par un pli de l’histoire, la horde des faux puritains de tous poils supplanter les fous ? N’en déplaise aux esprits chagrins, La Nuit des Rois est aussi une grande fable politique !

Clément Poirée

 

 

CE QU’EN DIT LA PRESSE

« Avec justesse, modestie et une grâce infinie, Poirée et sa troupe d’amoureux transis réenchantent nos nuits d’hiver meurtries. » Philippe Chevilley – Les Echos

« Le théâtre élisabéthain pousse une porte jusqu’ici rarement ouverte la conjugaison de la poésie, de la musique et de la loufoquerie. Clément Poirée, […], insuffle un courant d’air poussé par une dynamique de forces vives en mouvement, les comédiens. » La théâtrothèque.com